Nouvelle Fiction

Nouvelle Fiction
" Plein de choses peuvent empêcher une histoire d'amour de se contruire mais rien ne peut l'empêcher de s'écrire "

On ne peut faire transparaître la dimension réelle des sentiments qu'à travers l'écriture

# Posté le dimanche 14 juin 2009 15:24

Modifié le jeudi 25 juin 2009 17:10

Chapitre I

Chapitre I
« Ah je les auraient attendues durant de longs mois ces vacances et elles arrivent enfin ! »

Je sortais à peine de ma salle de cours qu'Agnès courut vers moi pour me dire cette chose si importante à ses yeux. En effet, elles les avaient attendues tellement que je devais forcément m'y attendre, cela fait deux semaines qu'elle me rabâchait sans cesse le temps qu'il nous restait avant de l'être.

« Oui en effet, je peux te confirmer que tu les auras attendues ! » lui répondis-je finalement.

Elle m'attrapa par le bras avec une joie inouïe qu'elle ne dissimulait pas, bien au contraire, et c'est ainsi bras dessus bras dessous que nous descendîmes les escaliers ensemble pour se rendre à notre casier commun où nous avions le reste de nos affaires à récupérer. Tandis qu'Agnès se démenait avec son sac pour y chercher la clé du cadenas, je réfléchissais à autre chose, j'étais dans mes pensées une fois encore. Je les avaient attendues également avec impatience ces vacances, pour moi elles représentaient surtout du repos et le fait de passer plus de temps avec mes amis surtout avec Agnès qui était incomparablement la meilleure de toutes celles que je n'avais jamais eues.

Je l'avais rencontrée quatre ans auparavant durant nos années collèges, nous n'étions pas dans la même classe mais elle venait d'arriver dans la classe de ma meilleure amie de l'époque, je me souviens du premier regard qu'on s'est adressé comme si c'était hier. Elle me paraissait tellement dépaysée, pas vraiment à son aise parmi toutes ces personnes qu'elle ne connaissait pas. A l'époque, j'étais une fille renfermée et plutôt timide donc je n'allais pas vers les autres, ce fut un de mes amis qui me la présenta, puis petit à petit nous fîmes plus ample connaissance car nous rentrions ensemble le midi, elle habitait à seulement quelques pâtés de maisons de chez moi. Plus le temps passait, plus je m'attachais à elle. Je sentais une grande confiance grandir au fur à mesure entre elle et moi. Elle était plus mature que moi, cela se sentait quand elle parlait et puis il faut dire qu'elle a tout de même un an de plus que moi. Je pris conscience au fil du temps que ce n'était pas une fille qui avait la langue dans sa poche, dotée d'un caractère des plus francs et honnêtes, elle avait ce don de me remettre dans le droit chemin quand il le fallait. Je trouvai vite en elle, une amie exceptionnelle et une confidente hors du commun. A la fin de notre année scolaire qui s'acheva par notre brevet que nous réussirent toutes les deux sans peine malgré toutes les révisions acharnées que nous avions faites mais qui s'étaient, au final, transformées en parties de rigolades improvisées. Je pensais sincèrement passer mes derniers moments à ses côtés, mais la chance et le destin firent qu'elle se dirigea vers le même lycée que moi. Arrivées en seconde, dans un lycée aussi immense qu'une préfecture, la chance continua de nous sourire, nous nous retrouvèrent dans la même classe. De ce fait, notre amitié n'a pu en être qu'améliorée au cours de l'année. On est vite devenues inséparables. Si, par malheur, un des ces quatre matins, j'arrive au lycée sans Agnès, les personnes que nous connaissons, viennent me dire bonjour et automatiquement le premier réflexe qu'ils ont est de poser la fameuse question : « Pourquoi Agnès n'est pas avec toi ? »
Cette question représente sans aucun doute pour moi le plus beau compliment que l'on puisse me faire sur l'amitié que j'ai avec Agnès.
Cette année, c'est légèrement différent car Agnès n'est pas dans la même classe que moi, nous avons choisis de nous diriger vers des filières différentes mais nous n'en restons pas moins meilleures amies pour autant. Elle, en première STG et moi, en première scientifique. Cependant nous avons la chance d'avoir des horaires assez coordonnées, donc pas de quoi nous plaindre me direz-vous.

« Ouuuuhoouuuuuuuh Marie, allô la lune ici le casier tu me reçois ??? »
Cette parole me fit sursauter et je sortis de mes pensées pour voir Agnès qui me tendait quelques cahiers et un énorme livre qu'elle venait de sortir du casier.

« Les maths ... toute une histoire de gros bouquin » me dit-elle en rigolant, ayant reconnu le livre.

« Désolé, j'étais dans mes pensées », lui répondis-je une fois que j'eu repris mes esprits.
« Oh, t'en fais pas va ! J'ai l'habitude hein », repris-t-elle avec son p'tit air malicieux plein de sous entendus.

Sur ce point là, je ne pouvais pas la contredire, de plus elle qui avait horreur d'avoir tord, elle aurait toujours cherché à avoir le dernier mot. Mais c'est mon caractère, je suis plutôt posée et souvent pensive à l'inverse de ma meilleure amie qui est directe et spontanée.
Elle finit de reprendre le reste de ses affaires pendant que je rangeais les miennes dans mon sac quand quelqu'un arriva derrière moi.

« Enfin les vacances les filles, on les aura attendues celles-ci n'est-ce pas la miss ? » commença Lily en regardant Agnès.
Lily était le surnom que tout le monde donnait à Elise, une brillante fille que nous avons connus au début de cette année. Elle est, quant à elle, en ES. Nous nous sommes rencontrées par pur hasard, elle se trouvait en salle d'étude avec une de ses amies et Agnès et moi cherchions deux places pour étudier, nous nous sommes donc installées à leurs côtés et avons finis par faire connaissance.

« Oui, ça c'est sur que pour les avoir attendues, je les ai attendues », répliqua Agnès avec son plus grand sourire.

« Bon je file sinon je vais louper mon car et j'y tiens pas trop », repris-t-elle en nous serrant dans ses bras chacune notre tour

« Bonnes vacances, j'espère que l'on aura l'occasion de se voir », lui répondis-je

« Merci, bonnes vacances à vous aussi et je l'espère également », dit-elle en s'éloignant et nous adressant un dernier signe de la main.

A présent, il ne restait plus qu'une poignée d'élèves dans le hall du lycée, nous rentrâmes donc tranquillement chez nous. Nous deux, on allait forcément se voir pendant les vacances car nous habitions à quelques maisons l'une de l'autre.
Ma soirée se passa comme toutes les autres, c'est-à-dire : Raconter ma journée à ma mère, douche, télé et dodo. Comme j'étais en vacances, je restai plus longtemps devant la télé ce soir-là en me disant que le lendemain je pourrais enfin faire une précieuse grasse matinée, ce que je n'avais pas fait depuis très longtemps.

Cette nuit là, je rêvai. De pleins de choses, autant bonnes que mauvaises. J'avais l'impression d'y être, de participer à ce rêve. Il y avait Agnès, Lily ... Je distinguais également plein d'autres gens que j'avais l'impression de connaître... C'était flou, je voyais de loin ... j'aurais aimé me rapprocher pour voir ce que nous faisions mais au moment où je fis un pas ...

ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ !!

Mais oui, quelle idée de laisser mon portable allumé ! Je regarde l'heure sur mon réveil ... 11h45 ... Ah ouais quand même, il serait peut être temps que je me lève !

ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ !!

Ce truc continuait de vibrer tandis que j'émergeais tout juste de mon sommeil ... C'est un appel « inconnu » ...
Je décroche, je décroche pas, je décroche, je décroche pas ... J'hésite toujours dans ces cas là ! Je me décide finalement.

« Allô »

« Bonjour Marie » dit-il. Oui, c'était une voix ayant toutes les caractéristiques d'une voix d'homme mais particulièrement celle-ci avait quelque chose de bizarre, de froid ... Je ravalai ma salive et repris du courage ...

« Qui êtes-vous ? » dis-je de la voix la plus assurée possible mais elle était loin d'être convaincante ...

« Un de tes souvenirs ... » répondit-il. Le sang se glaça dans mes veines dès l'instant où j'entendis cette phrase !

...

# Posté le dimanche 14 juin 2009 16:06

Modifié le jeudi 25 juin 2009 17:52

Chapitre II

Chapitre II
A ces mots, je raccrochai à une vitesse incalculable mon téléphone, l'éteignait et le rangea dans ma table de nuit. Les derniers mots que cet inconnu m'avait dit résonnaient sans arrêt dans ma tête ... Je ne cessais d'y penser ...
Je finis par me décider d'aller prendre ma douche mais ce n'est pas comme ça que mes pensées s'éclaircirent, bien au contraire, elles s'embrouillèrent encore plus... Mon rêve inachevé + ce coup de fil ... je les sens bien ces vacances dis donc !

Une fois tout mon petit train-train matinal fini, je m'affalai sur le canapé devant la télé et zappait, zappait, re-zappait, y avait rien d'intéressant. Je pensais y trouver un film distrayant qui me ferait oublier un instant ce coup de téléphone mais ... rien. Les vacances, c'est ça : On les attend toujours impatiemment et une fois qu'on y est, la plupart du temps, on s'ennuie chez soi. Que pouvais-je bien faire de distrayant ?

TOUDOUUUM ... TOUDOUUUM

La sonnette !! Quelqu'un ? A cette heure-ci ?! Je me demandais qui ça pouvait bien être ...
Mais, j'hésitai à aller ouvrir la porte, le coup de fil me revenait en tête, mais qu'est-ce qu'il m'arrivait ? Je devenais trop paranoïaque là, Marie c'est qu'un appel rien de plus et tu ne lui a même pas dit où t'habitait ... A moins qu'il ne le sache déjà !! Quelques secondes après ces intenses hypothèses et réflexions je revins à la réalité en me convaincant que ça ne pouvait être cet homme ! Finalement je me levai et partit ouvrir avec cependant une certaine hésitation.

« Hey coucou c'est moi ! Regarde je suis en pleine forme, je viens de faire le tour du quartier et devine quoi ? J'ai pris de bonnes résolutions pour ces vacances, je vais courir tous les matins de 10h à 12h et là justement je passais devant chez toi donc obligé que je vienne te dire bonjour comme il se doit ! » S'exclama une voix que je reconnaîtrais parmi des milliers.

Pas besoin de vous dire qui est la personne qui se trouve en face de moi actuellement je pense que vous l'avez deviné par vous-même. Prenant les devants, elle entra en reprenant sa respiration (car elle m'avait débité sa phrase précédente d'une traite sans s'arrêter)

« Ca tombe bien que tu sois là justement je m'ennuie, je sais pas quoi faire ! » lui répliquais-je en refermant la porte derrière elle.

« Ah et au fait toi faut que tu m'explique un truc ... Comment ça se fait que depuis ce matin, tu es injoignable, je t'ai appelé au moins 4 fois pour te dire que j'allais surement passer mais je tombe sans arrêt sur ta messagerie, pourtant d'habitude ton portable est toujours sur toi ! » reprit-elle soudain avec son regard interrogateur qui en disait long, elle voulait une réponse.

Je ne peux rien lui cacher, c'est ma meilleure amie après tout, je sais qu'elle me comprendrait ou tout du moins qu'elle essaierait.
Elle reprit sa respiration et, après lui avoir servi une boisson bien fraîche, nous montâmes dans ma chambre. Elle s'assit sur mon lit et je lui racontai tout ce qu'il y avait de troublant, du rêve à l'appel « inconnu ». Après le récit que je lui fis des évènements, je pris soin de rallumer mon portable qui n'avait pas changé de place. En même temps me direz-vous, le contraire m'aurait choqué ! Bref, toujours est-il qu'elle réfléchit quelques instants et d'un coup se lève et m'attrape la main. Même pas le temps de mettre mon portable dans ma poche qu'elle m'entraîne derrière elle jusque dans mon jardin.

« Tu peux m'expliquer où tu m'emmène là ? » ai-je le temps de dire dans un élan de respiration.

« Je crois bien que tu as énormément besoin de te changer les idées après un tel bouleversement n'est-ce pas ? Alors ... retourne-toi ! » Finit-elle par me répondre.

Elle me regarda dans les yeux quand elle prononça cette dernière réplique, l'air malicieux et amusé qui s'y cachait ne présageait rien qui vaille pour moi.

« Ah parce que tu crois que je vais me retourner aussi facilement toi ! » lui répliquai-je

« Oh j'ai jamais vu une fleur pareille !! Elle est belle ! » Me montrant du doigt un endroit de la pelouse derrière moi.

Naïve comme je suis, qu'est-ce que je fis à votre avis ? Je me retournai et ce qui devait arriver arriva ...

Ni une ni deux, au moment où je fis volte face pour voir cette soi-disant « belle fleur », Agnès se saisit du tuyau d'arrosage et ouvrit le robinet qui se retrouvait à quelques centimètres d'elle !

Tout se passa très vite, je ne distinguai aucune fleur et refis face à ma meilleure amie mais ... c'était trop tard ... !

« Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah mais t'es folle, c'est froid, je suis trempée maintenant arrête !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »

« C'est fait exprès » pouffa-t-elle morte de rire.

« Ok, tu veux jouer à ça ... tu vas être servie ! »

Elle tenait toujours le tuyau d'arrosage braqué dans ma direction et ouvert à pleine puissance. Je courus dans ma cuisine, là où elle ne pu me suivre du fait qu'elle s'emmêla très vite dans le tuyau (Il fait toujours pleins de n½uds), perdit patience et s'énerva rapidement. A noter que le robinet était toujours ouvert, par conséquent, elle fut mouillée également. Mes converses, ayant pris l'eau, faisaient un bruit monstrueusement hilarant du genre PCHOUUUUT – PCHOUUUUT (Je ne saurais pas vous l'imiter par écrit). Bref, revenons-en à la cuisine, une fois dans la pièce, j'ouvris un placard et en sortit un énorme sachet. Mes cheveux étaient trempés, mes chaussures couinaient comme pas possible et mon jean me collait à la peau mais qu'importe, je m'amusais ! Pourquoi donc s'arrêter en aussi bon chemin ? J'ai dis qu'elle me le paierait et je tiens parole ! Le temps d'ouvrir le sachet en question et je retournai en courant sur mes pas à l'endroit où ma très chère Agnès se débattait toujours autant avec le tuyau. Par miracle, avec le bruit que faisait l'eau, elle ne m'entendit pas arriver derrière elle et je déversai le contenu du sachet sur elle.

« Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah nooooooooooooooooooon !!! Pas ça !!! Je vais te tuer Marie !!!! Cours ! » Cria-t-elle.

Me tordant de rire, je m'éloignai le plus loin possible d'elle. Le spectacle était énorme à contempler, certes j'étais mouillée de la tête au pied mais en une fraction de seconde, elle venait de devenir pire que moi. Disons que la farine (c'était donc ça ce fameux sachet) et l'eau faisaient plutôt bon ménage pour tenir sur la peau.

Je pourrais vous décrire sa tête à cet instant : -_- '

A mourir de rire ! Tout autant qu'elle le fut lorsqu'elle entendit le bruit bizarre qu'émettaient mes pieds.

Résultat, deux filles à moitié folles, une blanche, une mouillée se baladant en chantant et en rigolant dans mon jardin enfin le jardin de mes parents si vous préférez. D'ailleurs en parlant d'eux, un bruit d'auto nous parvint aux oreilles ! Non, impossible ! Habituellement, ma mère ne rentrait pas aussi tôt des courses, il n'était que ... 14h10 ! Déjà ! Le temps passe tellement vite quand on s'amuse. Il fallait ranger au plus vite avant que ma mère ne voie tout ça sinon elle attraperait une syncope. Mais ... trop tard, tandis qu'Agnès et moi nous affairions à ranger le tuyau d'arrosage du mieux que nous pouvions à cause du n½ud, un bruit de talons se dirigeait déjà vers la porte d'entrée puis une voix s'en suivit :

« Marie, je sais que tu es levée car la fenêtre de ta chambre est ouverte et j'ai oublié les clés de la maison avant de partir en courses ce matin, j'ai les bras chargés, viens m'ouvrir et m'aider à ranger tout ça s'il te plait ! » dit-elle d'une voix fatiguée et las ce qui ne présageait rien de bon.

J'étais coincée, impossible de reculer, il fallait que j'aille lui ouvrir. J'allais me prendre la raclée du siècle ! Je regardai une dernière fois Agnès qui haussa les épaules l'air de dire, de toute façon si on tombe, on tombe ensemble. C'était rassurant ! Je crois que c'est ce qui me donna le courage d'aller ouvrir la porte à ma mère ...

...

# Posté le vendredi 19 juin 2009 11:31

Modifié le jeudi 25 juin 2009 17:10

Chapitre III

Chapitre III
« Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah mon Dieu !!! » s'égosilla-t-elle en lâchant le sac de pommes de terres qu'elle tenait de la main droite !

C'était à prévoir ... Je m'y attendais ! Cependant cette réaction-ci fût vis-à-vis de l'état de la maison, une autre réaction s'en suivit lorsqu'elle nous vit ...

« Ah et bien je vois qu'au moins, vous êtes réveillées » pouffa-t-elle de rire en s'avançant vers la cuisine pour aller déposer les courses, tout en prenant soin de ne pas marcher dans la farine gisante au sol qui témoignait de notre heure quelque peu déjantée !

Au final, après une bonne demi-heure de nettoyage, la maison était redevenue telle que ma mère l'avait laissé avant de partir faire les courses. Agnès, quant à elle, m'avoua que ça faisait longtemps qu'elle ne s'était pas autant éclatée et se résigna à partir sur les coups de 16h. N'oublions pas qu'elle était toujours blanche, elle avait hâte de prendre une bonne douche car la farine commençait sérieusement à la démanger. Je fis de même de mon côté et m'allongea ensuite paisiblement sur mon lit, de la musique dans les oreilles, ne pensant à rien. Cette tranquillité, ce calme ... tellement relaxant ! Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, au moment où mon esprit commençait à se vider, mon portable sonna. Un numéro que je ne connaissais pas s'afficha.

« Allô ... »

« Bonjour ... je ne sais pas si tu rappelles de moi mais tu m'as raccroché au nez ce matin » me répondit la voix glaciale que je reconnus immédiatement

Cette fois-ci, j'étais décidée à découvrir qui était cette personne.

« Si je m'en rappelle mais qui êtes-vous ? Et pourquoi me tutoyez-vous ? On se connaît ? » lui répondis-je sans me démonter.

« Demain tu auras tes réponses, à 12h dans le square à côté de chez toi, j'y serais ! »

Il raccrocha au même moment. Ca avait été très court comme conversation mais à cet instant-là, j'étais, tout de même, bel et bien décidé à aller jusqu'au bout pour savoir l'identité de ce fameux interlocuteur ! Mon esprit focalisé sur ce rendez-vous du lendemain, je passai le reste de la soirée dans ma chambre, je ne descendis même pas manger et m'endormit tant bien que mal.
Le lendemain matin, le réveil fut plus rude que d'habitude à cause de la nuit blanche que j'avais passée à cauchemarder et imaginer mon inconnu sous toutes les formes possibles. Consciente de la journée qui m'attendait, je me prépare rapidement et descend les escaliers où ma mère s'affaire dans la cuisine à préparer le repas de midi.

« Maman, je vais faire un tour en ville ... Tu veux que je passe à la boulangerie pour ce midi ou tu as ce qu'il te faut ? » me lançai-je de la voix la plus claire et convaincante possible.

« Oula tu m'as l'air de bonne humeur ce matin pour me proposer une telle chose, ça m'étonne de toi mais pour une fois je n'ai besoin de rien, merci quand même et tu seras là pour manger ? » me répondit-elle.

« Je ne sais pas, je t'enverrais un message, surveille bien ton portable, à tout à l'heure » me hâtai-je de lui répondre en l'embrassant et en filant vers la porte d'entrée.

C'était une belle journée qui s'annonçait, un océan bleu parsemé de quelques nuages et un soleil radieux baignaient le ciel. Je sentais la chaleur du soleil sur ma peau et prit la direction du square tout en mettant mon baladeur sur mes oreilles. Des tonnes de questions me venaient à l'esprit durant le trajet : Qui était-il ? Pourquoi m'a-t-il appelé moi ? Pourquoi précisément dans le square à cette heure si précise ? Le reconnaitrai-je ? Et lui me reconnaitra-il ?
Toutes ces questions auxquelles je pourrais fournir une réponse dans exactement maintenant 1h30, j'étais largement en avance mais je préférais et puis dans ma chambre, j'aurais tourné et retourné comme un lion en cage, mieux valait prendre l'air par ce beau temps et profiter du calme qui régnait dans le square.
Je franchis la grille et fit un tour du parc, histoire de faire un repérage des lieux. En effet, je ne venais pas bien souvent ici, les seules fois où j'y viens, c'est avec mes parents lorsque l'on reçoit des invités, ils viennent toujours faire une promenade dans le parc. Cependant là, c'était différent. Moi qui était plutôt de nature lente pour marcher, je fis le tour en 30 minutes et décida finalement de m'asseoir sur un banc en attendant l'heure convenue. Je m'aperçus néanmoins que plus je pensais à ce mystérieux jeune homme et au rendez-vous, plus les minutes passaient à vitesse d'escargot, j'avais l'impression de devenir folle à tourner et retourner ma tête dans toutes les directions toutes les trente secondes et à regarder sans arrêt mon portable qui m'indiquait la même heure que j'avais regardé dix secondes plus tôt. L'attente devenait insoutenable mais il fallait que je sache. Je m'obstinai donc à rester assise le temps qu'il le faudrait pour découvrir le visage se cachant derrière ses appels. Mon baladeur, faute de batterie, finit par s'éteindre, il me restait donc comme unique moyen de détente d'écouter le bruit des oiseaux, les chahuts des enfants dans l'aire de jeux qui se trouvait à quelques mètres de moi, de sentir les brises de vent qui venait de temps à autre rafraichir mon visage. Soudain, un bruissement de feuilles se fit entendre derrière moi, je me relevai et me retournai pour observer la personne qui se postait dans la pénombre d'un arbre à quelques mètres seulement de là où je me trouvais. C'était lui, j'en étais sûre. Prudemment je m'avançai vers lui, essayant de distinguer les traits de son visage, en vain. L'ombre de l'arbre cachait son visage à la distance où je me trouvais il était donc impossible de le décrire précisément.

« Approche toi, n'ai pas peur » finit-il par dire d'une voix calme et douce, le parfait contraste avec la voix que j'avais entendue au téléphone.

Hésitant un moment, je finis par me résoudre à suivre son conseil et m'approcha un peu plus près. Suffisamment proche pour distinguer son visage, je m'aperçus que je ne le connaissais pas, il ne me disait absolument rien. C'était un jeune homme à qui je donnais environ 17 ans, plutôt grand, brun, il avait des yeux d'un bleu cristal. Son regard bien que ravageur me fichait la frousse plus qu'autre chose, de plus sa corpulence était impressionnante, d'ailleurs j'avais le sentiment que ses vêtements étaient fait pour la mettre au mieux en valeur. En effet, son tee-shirt moulant laissait suggérer un torse superbement bien musclé, des pectoraux parfaitement entretenus. Son jean légèrement délavé lui donnait un air de garçon rebelle mais le plus impressionnant était néanmoins sa coiffure. Des cheveux courts, enfin en apparence car ils étaient tellement ébouriffés qu'on aurait pu croire qu'ils étaient longs, ce qui n'était pas le cas. Certes ils partaient dans tous les sens mais l'effet que cela donnait sur lui rendait extrêmement bien en apparence. Dès que je pus enfin le décrire tel que maintenant, je pensai que ce genre de garçon plairait particulièrement à une personne.

« Tu es exactement comme il t'a décrite, il ne s'est rudement pas trompé » commença-t-il.

« Quoi ? Qui ça ? Explique-moi ... Vous êtes celui que j'ai eu au téléphone ? » M'empressai-je de lui répondre.

« Non je ne suis pas celui qui t'a donné rendez-vous ici ! Mais ... Il ne t'as rien dit ???!!!! » dit-il en montant subitement la voix.

Je commençais à avoir un mauvais pressentiment vis-à-vis d'une humeur aussi changeante.

« Me dire quoi ? Et qui ne m'a rien dit ? » Répliquai-je en essayant de prendre le même ton de voix qu'il avait utilisé précédemment mais ce fut loin d'être une réussite, ce qui l'amusa légèrement. Puis il reprit son sérieux.

« Viens avec moi » conclu-t-il après un instant de réflexion en repartant de là où il était venu.

Je sentais qu'il ne fallait pas que je pose d'avantages de questions, de peur qu'il reparte au quart de tour mais ma curiosité était bien trop grande et très loin d'être satisfaite avec ces quelques réponses floues.

« Mais où allez-vous ? Vous avez vraiment cru que j'allais vous suivre ! Et puis d'abord qui êtes-vous ? » Continuai-je néanmoins en le suivant pour ne pas le perdre de vue.

« Mon nom est Jimmy et si tu veux des réponses à tes questions, me suivre est ta seule solution » répondit-il en reprenant sa voix calme du début.

Alors en plus d'être lunatique et mystérieux, ce mec se prend pour un sage avec toutes ses belles paroles pensai-je très fort, surement trop fort même car il se retourna un instant et attendit que je sois arrivée à sa hauteur pour me rétorquer d'une voix marquée d'un profond agacement ...

« Si tu veux qu'elle vive, suis-moi sinon je ne te retiens pas »

A ces mots, il m'avait littéralement retourné le cerveau. Je n'avais aucune idée de ce que signifiait en tous points cette phrase mais la présence du verbe « vivre » m'incita à le suivre sans poser aucune autre question préalablement réfléchie.

...

# Posté le jeudi 25 juin 2009 17:09

Chapitre IV

Chapitre IV
Ça faisait presque une bonne vingtaine de minutes qu'on marchait, enfin plutôt que j'essayais de le suivre tant bien que mal. Il avait une démarche très énergique, par un moment j'aurais même juré le voir voler et non plus marcher. J'ignorais totalement où il avait décidé d'aller et de m'emmener, nous avions commencé par quitter le parc, puis longé au moins une dizaine de rues, il m'avait complètement désorienté mais je ne savais si c'était fait exprès ou si c'était vraiment le chemin pour aller à ce mystérieux endroit jusqu'où je devais le suivre. Mes jambes ne tenaient plus, je les sentais flageoler, mon front perlaient de grosses gouttes de sueur et pour finir mes cheveux, que je n'avais pas pris soin d'attacher, étaient plus ébouriffés que jamais.
Brusquement, il s'arrêta net et se retourna pour voir où j'étais. 10 mètres derrière lui, j'avançais certes mais je dois le reconnaître, beaucoup moins vite qu'au début.

« Ca va ? Pas trop fatiguée ? » Commença-t-il d'une voix grave dès que je fus à sa hauteur.

« Non, non ca va... » Menti-je.

« Tant mieux alors car il nous reste encore quelques pâtés de maisons avant d'arriver en lieu sûr » répondit-il de la même intonation que précédemment.

« D'accord » bougonnai-je.

Etant petite, on m'avait très vite décelé une forme d'asthme qui ne m'avait jamais posé de problèmes durant mon enfance jusqu'à aujourd'hui. Mais aujourd'hui, c'était différent, je sentais les palpitations de mon c½ur s'amplifier brusquement et je respirais difficilement, par petits intervalles d'air. Cependant j'essayais de dissimuler tant bien que mal mon essoufflement et ma fatigue mais ça devait être lamentable car en dépit de mes efforts, il posa son regard sur moi et me dévisagea de la tête aux pieds.

« Tu ne sais vraiment pas mentir » finit-il par dire.

« Je n'y suis jamais vraiment parvenu » répondis-je en m'asseyant sur le rebord en pierre qui se trouvait à quelques mètres, il me suivit et fit de même. Mes pieds me brûlaient et une question me torturait l'esprit, je décidai de me lancer.

« Tu as quel âge ? »

« 18 ans » dit-il en regardant droit devant lui.

« Alors tu as l'âge de conduire, d'avoir le permis, pourquoi n'es-tu pas venu en voiture, ça nous aurait évité tout ce chemin ! » m'exclamai-je.

Son regard dévia immédiatement pour se poser sur moi, il me fixa droit dans les yeux d'un profond regard noir qui me fichait la chair de poule. A ce moment précis, je retrouvais à côté de moi le type effrayant du parc. Comprenant au bout d'un long moment de silence qu'il ne répondrait pas, ce qui m'énervait encore plus, je fis mine de l'ignorer tout en reprenant mon souffle. Son regard se détourna brutalement et il finit par rompre la pesanteur du silence qui s'était installé entre nous.

« Je ... » commença-t-il d'une voix très mal assuré, ce qui ne semblait pas lui ressembler du tout.

Très surprise qu'il décide enfin à parler, je me tournai vers lui.

« Non rien, tu comprendras là-bas, je ne suis pas assez fort pour te le dire moi-même, je me contrôle du mieux que je le peux depuis tout à l'heure, ça commence à devenir trop dur pour moi, continue sans moi, je plaisantais tout à l'heure, l'endroit où tu dois aller est moins loin que je ne te l'ai dis. C'est tout au bout de cette rue, à ta droite tu trouveras un petit escalier en marbre noir, descends-le jusqu'en bas, il faut ensuite que tu longes la galerie dans laquelle tu te trouveras, cependant fais attention aux mauvaises rencontres ! Au fond, tu y trouveras ce que tu recherches » récita-t-il telle une machine.

Ses mains tremblaient, son front suait tout d'un coup alors que je ne l'avais pas vu s'essouffler un seul instant depuis qu'on était partis du parc. Il avait les yeux fermés. Mille et une questions se bousculaient dès lors dans mon esprit.

« Mais ... mais je ne vais pas te laisser là ainsi, tu as l'air très mal en point ... Il faut que tu te reposes, viens avec moi » répondis-je en m'approchant lentement de lui et mettant ma main sur son épaule.

« Laisse-moi, tu n'as donc pas compris ce que je viens de te dire, va là où je t'ai dis, fais uniquement ce que je t'ai dis et rien d'autre. Je vais bien, ne t'en fais pas pour moi » rétorqua-t-il gravement en dégageant son épaule de ma main brutalement.

« Mais qu'est-ce que tu veux dire par « mauvais rencontres » ? Explique-moi au moins » m'entêtai-je.

« Tu comprendras quand tu y seras, pour le moment ne discute pas et vas-y, on t'attend là-bas ! »

« On m'attend ? Mais et toi ? Je vais dire quoi moi à ces gens ? »

« Ne t'inquiètes pas, tu lui diras que j'ai eu quelques problèmes de contrôle, il comprendra » dit-il toujours aussi tremblant.

« Qui ça « il ? » ne pouvais-je m'empêcher de répliquer une dernière fois. Le sentiment de curiosité se faisait de plus en plus grand à chaque seconde qui s'écoulait désormais.

« File ! » conclut-il en enfouissant la tête dans ses bras. Je compris alors que notre conversation s'arrêtait là-dessus.

La perspective de continuer à pied et, qui plus est, toute seule ne m'enchantait pas, bien au contraire. J'avais eu cependant le temps de reprendre une respiration convenable mais mes pieds me faisaient toujours aussi mal. Après un dernier bref regard à Jimmy, je partis dans la direction qu'il m'avait indiquée. La rue était déserte à part quelques passants sur le trottoir d'en face qui me dévisageaient comme si j'étais une martienne. Bon certes, mes cheveux laissaient certainement à désirer, je suis sûre qu'il y aurait eu un miroir dans le coin je n'aurais pas pu me regarder dedans tellement j'étais persuadée d'avoir la coiffure d'une sorcière mais ça ne m'empêcherait pas de continuer te d'aller jusqu'au bout. Vous voyez jusqu'où et jusqu'à quel point la curiosité peut nous pousser parfois lorsqu'elle est trop intense ou trop grande. Je me dirigeais vers un endroit dont j'ignorais l'existence pour y rencontrer, je l'espère, la personne qui a chamboulé mon esprit la veille avec un simple coup de téléphone. Je ne pouvais me résoudre à renoncer, il fallait absolument que je sache, que j'ai des réponses à mes questions et pourvu que je ne fasse pas de « mauvaises rencontres ». Ainsi, j'arrivais enfin au bout de la rue et découvrit l'escalier en marbre à l'emplacement même où Jimmy me l'avait précisé. Je descendis et m'enfonçai dans une sombre obscurité, en guise de lumière je n'avais plus que mon portable qui m'éclairait. Oh mon Dieu ! J'avais complètement oublié le texto que je devais envoyer à ma mère !!!! Illico presto, je m'assis sur la dernière marche en marbre froid de l'escalier et commença à l'écrire, il était près de 13h00, elle devait surement attendre mon message avec grande impatience.

Voilà, envoyé !

Je lui avais marqué ceci :

Maman, je ne mange pas à la maison, je suis passée à la boulangerie et j'ai grignoté quelques petits trucs et là je passe l'après-midi dans le parc, je profite du soleil et du calme qu'il y règne. Bisous à ce soir, ne t'inquiètes pas, je ne rentrerais pas tard, promis ! Je t'aime.

Je lui avais menti, j'en étais consciente et je n'aimais pas faire ça mais c'était le mieux à faire pour qu'elle ne s'inquiète pas.

Soudain, un bruit surgit du fond de la galerie, je me relevais et m'enfonça sans trop d'assurance vers le fond comme me l'avait demandé Jimmy. Je me souvins des « mauvaises rencontres » dont il avait parlé, c'était à ce moment-là du parcours qu'ils les avaient abordés afin de me mettre en garde. Je devais aller tout droit, toujours tout droit, encore tout droit mais les bruits se rapprochaient au fur et à mesure que j'avançais, ça ne ressemblait même plus à des bruits mais à des cris.

Tout à coup, je sentis quelque chose sur ma tête, quelque chose qui s'agrippait très fort à mon cuir chevelu et qui me faisait mal ! Je sentais que ça bougeait, n'ayant pas une frayeur des insectes je secouai la tête afin de le faire tomber mais je sentais que ça s'agrippait encore et toujours plus fort. Je décidai donc de faire avec ma main et tâtai le haut de ma tête à l'aide de mes mains ... Je sentais quelque chose mais quelque chose de velu, j'eu à peine le temps de saisir la chose pour la retirer de mes cheveux que ...

« Aïe » criai-je en retirant immédiatement mon doigt, la sale bête m'avait mordu, je gardais tant bien que mal de garder mon calme même si j'étais tétanisée à l'idée d'avoir un animal dans mes cheveux, je pouvais désormais affirmer qu'il ne s'agissait pas d'insecte comme je le pensais.

« Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah une chauve souris » m'époumonais-je.

Deux petits yeux brillants me regardaient face-à-face, la tête à l'envers. Je courus aussi vite que mes jambes me le permettaient encore, secouant ma tête de gauche à droite le plus vite possible que je pus dans l'espoir que l'animal tombe ! Au bout d'une cinquantaine de mètres, la chauve-souris relâcha l'étreinte, tomba à terre puis s'envola vers le début de la galerie, là d'où je venais. C'était donc ça les « mauvaises rencontres » dont m'avait averti Jimmy !
Mes pauvres cheveux, ils en avaient subi des galères aujourd'hui pensai-je.

« Ils n'en ont plus pour très longtemps rassure-toi ! » s'esclaffa une voix que je reconnus tout de suite.

# Posté le jeudi 30 juillet 2009 10:29

Modifié le samedi 17 octobre 2009 12:58